27/07/18

La demande de naturalisation

Je vous disais donc, il y a certes six mois, que nous étions sur le point de déposer notre demande de naturalisation. Je viens vous raconter la suite.

Le formulaire

Au mois de janvier, nous avons complété en ligne le formulaire de demande de naturalisation. Seuls Mari et moi avons besoin de soumettre le dossier. Les enfants deviendront automatiquement américains en même temps que nous car ils seront nés de parents américains. Le formulaire est bien plus rapide à remplir que celui pour la Green Card puisque nous n’avons besoin de couvrir que les cinq dernières années.

Tout d’abord il faut écrire son nom légal, puis répondre à la question « Would you like to change your name? ». Pour ceux qui le souhaitent, ils est possible de choisir un nouveau prénom et/ou un nouveau nom de famille ! Les enfants auraient beaucoup aimé s’appeler Harry Potter, mais d’une part eux ne peuvent pas changer leur nom, et puis après réflexion je préfère garder mon nom actuel 😉

Nous devons lister tous nos séjours en dehors du territoire américain depuis l’obtention de la Green Card et compter le nombre de jours total. J’arrive à 8 voyages pour un total de 152 jours. Ça fait beaucoup, mais en même temps ça inclut les trois mois que j’ai passé en France entre l’activation de la Green Card et notre déménagement.

Il faut aussi recenser nos lieux d’habitation, les entreprises dans lesquelles nous avons travaillé, les associations auxquelles nous appartenons…

Ils nous demandent notre taille et notre poids. J’ai perdu 5kg depuis la demande de Green Card, j’espère qu’ils vont être fiers de moi !

Mari et moi relisons l’intégralité de nos réponses pour s’assurer qu’on ne s’est pas contredit, et puis soumettons notre demande au même moment, à la seconde près, avec un peu d’excitation !

Les empreintes

Nous recevons une confirmations que notre demande a bien été reçue, et notre date estimée de naturalisation est annoncée pour janvier 2019, soit dans un an ! Moi qui pensais que la procédure ne prenait que trois mois…

Quelques jours plus tard, nous recevons notre date de rendez-vous pour donner nos empreintes, environ 3 semaines plus tard, mi-février.

Mari est convoqué deux jours avant moi. Ça tombe bien, ça nous évite de chercher quelqu’un pour aller récupérer les enfants à l’école.

Le jour J, j’entre dans le bâtiment qui est assez glauque. Je passe par un premier guichet qui vérifie ma convocation et ma pièce d’identité, me donne un autre document et me dit d’aller faire la queue au guichet suivant. Mon tour arrive, l’officier regarde mes papiers. Il m’informe que je vais devoir passer par un bureau supplémentaire car il y a un problème. Je ne suis pas très rassurée…

Me voilà donc à faire la queue à nouveau devant un bureau fermé dans lequel on distingue deux officiers. Il y a dix personnes devant moi. Trois quart d’heure plus tard ça n’a pas avancé. Mais qu’est-ce qu’ils fabriquent a l’intérieur ? Je commence à stresser car le stationnement était limité à deux heures et je n’ai pas envie de récupérer ma voiture à la fourrière. Finalement un officier sort du bureau (je pense qu’ils étaient en train de papoter) et puis ça se met enfin à avancer. Quelques minutes plus tard c’est mon tour. On me dit que mon nom de famille sur la convocation n’est pas le même que sur ma Green Card… Nom de jeune fille sur l’un, les deux sur l’autre. Il fait quelque chose sur son ordinateur et me dit que c’est bon. Je peux aller au guichet suivant.

Là ça va très vite, une jeune femme me demande de me laver les mains pendant qu’elle désinfecte la machine à prendre les empreintes. Je pose mes doigts un par un, et c’est fini. Je sors du bâtiment et j’arrive à la voiture juste avant les deux heures. Ouf !

L’attente

Mon statut se met à jour en ligne et indique que mes empreintes ont bien été reçues. La date estimée de naturalisation est toujours à janvier 2019. Bon et bien, on va attendre. De toutes façons, il n’y a pas d’urgence. Ce n’est pas comme l’attente de la Green Card, il y a six ans, qui était interminable car le changement qui en dépendait était énorme et l’organisation associée particulièrement prenante. Là, c’est juste qu’idéalement on aimerait bien voter aux élections de novembre, mais sinon on n’est pas à quelques mois près.

Tous les 14 jours, je reçois un e-mail de l’USCIS qui m’informe que mon statut n’a pas changé. Systématiquement, je me connecte quand même au site pour constater qu’effectivement c’est toujours prévu pour janvier 2019.
Les mois passent…
Et puis, début juillet je reçois un e-mail un peu différent de l’USCIS m’informant que mon statut nécessite mon attention et que je dois accéder à leur site pour en savoir plus.
J’essaye de me connecter mais ça ne fonctionne pas, le site plante dès que j’entre mon mot de passe.
Pareil pour Mari qui a reçu le même message.
Bon…
Après de nombreux essais, nous arrivons enfin sur notre dossier et découvrons avec surprise que notre rendez-vous est programmé, mais sans mentionner la date. Par ailleurs la date de naturalisation est toujours estimée pour janvier 2019. C’est assez étrange.
Pendant les deux jours qui ont suivi je me suis connectée au site au moins dix fois pour voir si je pouvais en savoir plus, et puis, enfin, la date s’est affichée. Ce sera mi-août !
Pour info, la date estimée est toujours bloquée sur janvier 2019…
Nous sommes très excités et prêt pour l’étape suivante : réviser pour le test !

Le jour de notre rendez-vous, il y aura un test d’anglais, et un test d’histoire/géographie/éducation civique. Le premier est a priori très simple. Pour le deuxième ce n’est pas très compliqué non plus : il y a une liste de cent questions/réponses : liste officielle des questions. Sur ces cent questions, dix sont posées et il faut avoir au moins six bonnes réponses. Un petit coup de bachotage et c’est réglé ! Honnêtement, j’ai lu une dizaine de fois la liste et je connais tout par cœur.
Mon objectif personnel, c’est d’avoir tout bon !

Je vous raconterai comment ça s’est passé d’ici trois petites semaines !

16/01/18

Bientôt cinq ans !

En avril, cela fera cinq ans que nous avons notre Green Card.
Cinq années !!
Je me remémore cette attente interminable avant d’avoir la fameuse date de passage à l’ambassade, puis cette excitation grandissante alors que le projet se concrétisait.
Cinq ans, déjà…
Wow!
Avant de passer à l’étape suivante, je vous propose un petit bilan de notre expatriation, cinq ans plus tard.

Les enfants

Bon alors, déjà, les surnoms de Buzz et Woody, que j’avais trouvés il y a cinq ans, ne leur vont plus. Tout d’abord parce que leur pyjama de l’époque est trop petit, et ensuite parce qu’ils sont plus branchés Star Wars que Toy Story maintenant. Plutôt que de chercher un nouveau surnom, disons mon grand et mon petit (qui n’est plus si petit que ça).

Mon grand avait 4 ans lorsque nous avions déménagé. Il va avoir 9 ans le mois prochain. Il est en Third Grade (=CE2) à l’école publique de notre ville. Ils sont une vingtaine dans sa classe et il a quelques bons copains. Il adore les maths et le sport. Quand il sera grand, il sera agent secret.

Mon petit avait 2 ans et demi à l’époque… Il a maintenant 7 ans. Il est en Second Grade (=CE1) dans la même école que son frère. Il s’entend bien avec tout le monde et a un très bon copain. Il aime les maths et la peinture. Plus tard, il veut devenir artiste.

L’ecole

J’apprécie ici l’environnement scolaire bienveillant. Les enseignants sont tous chaleureux et encourageants.

J’aime l’accent qui est mis sur la communication orale comme écrite. Les enfants sont incités à exprimer leurs idées de façon construite, et à les partager avec la classe. Ils ont commencé à faire des rédactions et des exposés dès le Kindergarten (équivalent à la Grande Section de maternelle). Quand ils ne savent pas écrire un mot, ils sont incités à y aller à l’instinct. Ensuite seulement le professeur corrige les fautes (ou pas…). Le niveau de maths m’a l’air à peu près équivalent à ce qu’ils font en France. Par contre, il faut avouer que les élèves ne sont pas incités à s’appliquer dans leur écriture. Honnêtement ils écrivent comme des cochons (peut-être pas tous, mais les miens clairement) et ça ne dérange visiblement pas les professeurs. C’est dommage !

Pour compléter ce qu’ils apprennent à l’école, nous avons des livres en français ainsi que le bled niveau CE1, et essayons de leur faire nous-même quelques cours de français quand on a le temps, quand on y pense, quand ils n’ont pas trop de devoirs, et quand Jupiter est alignée avec Venus en Sagitaire. Bon ok, la dernière fois c’était il y a 6 mois… Ils savent lire en français, c’est déjà ça.

La maison, le travail, …

Voilà maintenant deux ans que nous avons notre maison. Nous sommes bien situés, juste à côté d’un arrêt de bus, à 40 minutes (occasionnellement un peu moins, souvent beaucoup plus) de Manhattan. Nous avons refait une partie du jardin qui ressemblait à un champ quand nous avions déménagés. Nous y avons planté un bébé cerisier, et deux bébés mirabelliers. Ils grandissent doucement et résistent (j’espère) aux températures polaires de ces dernières semaines.

Niveau boulot, rien de neuf de mon côté. Trois années au même poste, qui est toujours aussi chargé en challenges, donc je ne m’ennuie pas, loin de là ! Mari travaille sur un projet pour créer sa boite. C’est en plein développement et nous espérons que ça se lance cette année. Croisons les doigts !

Côté loisirs, ça a beaucoup changé en cinq ans pour moi.
Tout d’abord, voyant les œuvres de mon petit garçon, j’ai décidé de me mettre à la peinture aussi. J’ai fait 2-3 soirées peintures avec des copines, et puis je me suis lancée à la maison avec l’aide de Youtube. Ce n’est pas toujours une grande réussite, mais ça me détend, et ce n’est pas non plus toujours une catastrophe.
Ensuite, inspirée par mes copines new yorkaises qui ont toutes commencé à courir tardivement et qui ont fait le marathon de New York à l’automne dernier, je me suis mise à courir et à aimer ça (même si j’avoue que je n’ai pas réussi à sortir quand on passe en-dessous de 0ºC, et ça fait donc un mois que je n’ai pas couru).
Enfin, je me suis plongée dans la lecture de l’histoire des États-Unis, parce qu’au bout de cinq ans, je me disais qu’il était temps que je m’instruise.
Sérieusement, si on m’avait dit il y a 15 ans qu’un jour mes loisirs principaux seraient le footing, la peinture et l’histoire, je ne l’aurais jamais cru !

Prochaine étape

Au bout de cinq ans de résidence permanente aux États-Unis, nous pouvons demander la nationalité américaine. En temps que français, nous avons le droit d’avoir la double nationalité, ça tombe bien.

Nous avons commencé à nous plonger dans la procédure de naturalisation. A priori c’est juste un document à remplir. Il est assez long, mais les questions sont assez similaires à ce que nous avions complété il y a cinq ans, donc ça devrait aller. Nous pouvons soumettre notre dossier trois mois avant nos cinq ans, ce qui fait donc fin janvier. Ensuite, je suppose trois mois plus tard, nous devrions être convoqués pour passer un test d’anglais (savoir parler, lire et écrire est un pré-requis) et un test d’éducation civique. Puis aura lieu la cérémonie de naturalisation.

Je reviendrai sur la procédure au fur-et-à mesure pour vous donner plus de détails.

En attendant, ça faisait une bonne raison de revenir alimenter mon bon vieux blog 🙂